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Friends of Europe

Mardi, octobre 16th, 2012

Les Amis de l’Europe (Friends Of Europe – FOE) sont un lobby déguisé en «Think Tank» basé à Bruxelles, dont l’objectif officiel est de réfléchir sur l’avenir de l’Union Européenne. L’organisation, créée en 1999, s’affirme indépendante tant des institutions européennes que du monde économique et politique. Elle dit vouloir porter des analyses novatrices, indépendantes et impertinentes dans un large réseau de Think Tanks et de médias et se félicite de son influence grandissante sur de jeunes eurocrates.

Son indépendance n’est pourtant pas évidente. En effet, d’une part les membres de son directoire (présidium) sont au centre d’un large réseau de groupes d’influence, de lobbies et en lien avec le monde des affaires. D’autre part, Friends of Europe est financé à 57,1% par le secteur privé. dont 40 des plus grandes et plus puissantes multinationales.
Après une présentation globale, nous analyserons son présidium et son financement. Cette analyse explique notre démarche de protestation autour du dîner qu’ils organisent ce 11 octobre 2012.

Les Friends of Europe

Les «Amis de l’Europe» ont 34 «événements» à leur actif en 2011 et déjà une vingtaine en 2012. Leurs événements très «select» réunissent l’élite politique, financière et administrative européenne. S’y retrouvent aussi des journalistes ou représentants de médias favorables aux orientations de Friends of Europe. Leurs activités vont du débat détendu aux colloques et dîners plus formels. Par exemple, les «cafés crossfires» sont des cafés débats avec 3 ou 4 intervenants, visant à faire se rencontrer la future élite européenne, et des sommités européennes actuelles tout en leur « communiquant » leur vision…
Ils organisent aussi des débats de très haut niveau tel le «State of Europe» (ou «European Policy Summit»), qui se clôt par le President’s Dinner. Ce sommet réunit une fois par an le gratin économico-politique européen (voir occidental) autour des grandes questions et défis européens du moment. En 2008, l’événement, sponsorisé par Microsoft et Veolia traitait de «L’Etat de l’Europe : créer un sentiment de société». Dans presque chaque atelier, on retrouve aux cotés des membres de la Commission Européenne, des représentants des deux sponsors de l’événement. En 2009, le thème «transformer les crises globales en créativité» est toujours sponsorisé par Microsoft et Veolia, ainsi que par Weber Shandwick, une société de relations publiques, des «lobbyistes à louer» .
Dans les panels, les modérateurs sont des journalistes du Financial Times et de CNN. En 2009, on retrouve le président de Vodafone et le vice-président de NYSE Euronext,(groupe mondial d’entreprises de marchés financiers) aux cotés de Herman Van Rompuy (entre autres), pour une discussion sur le thème « des questions difficiles pour l’UE». Le «policy summit» est suivi d’un dîner réservé à un public trié sur le volet . L’année dernière, il était sponsorisé par NYSE Euronext, GDF Suez, et la Polish Oil and Gas Company et Toyota.

Les membres :

Son présidium compte 15 membres : politiciens de haut niveau, fonctionnaires européens et agents des institutions économiques internationales. Tous ou presque ont des liens avec le monde économique, industriel et/ou financier. A titre d’exemples:

Son Président est le Vicomte Étienne Davignon. Il a commencé sa carrière aux Affaires Étrangères belges, où il a été au centre des manœuvres belges entourant l’indépendance du Congo et la «mise à l’écart» du leader indépendantiste Patrice Lumumba (assassiné par les services secrets belges et américains). Il a notamment soutenu la sécession du Katanga, riche province minière de l’Est du Congo. Il a d’ailleurs joué un rôle important au sein de l’Union Minière du Haut Katanga, rebaptisée Umicore (où on retrouve aussi Jean-Luc Dehaene, également membre des FOE), une des plus grandes multinationales minières du monde. Étienne Davignon s’est trouvé au centre de la construction européenne à partir de 1969. Il a été commissaire au marché intérieur et des affaires industrielles ainsi que vice-président de la commission européenne (1981-1985). C’est lui qui pilotera le plan Davignon, qui organise la liquidation de la sidérurgie européenne (arrêt des aides publiques, réduction des capacités de production, disparition de 250 000 emplois,…). Grand défenseur d’une Europe «favorable aux affaires», il fera tout pour mettre celle-ci à la disposition des grandes fortunes et entreprises. Il considère que les industriels et les financiers doivent façonner la construction européenne. Il participe ainsi à la création de la Table Ronde Européenne des industriels (ERT), un groupe rassemblant les 40 plus grands chefs d’entreprises européens, qui influence encore aujourd’hui fortement la Commission. Il en recrutera les premiers membres et assistera aux premières réunions du groupe au sein même des bâtiments de la commission. Ce groupe sera notamment à l’origine de l’Acte Unique européen qui prépare la création du marché unique et du traité de Maastricht. Après deux mandats à la Commission, il quitte le monde administratif pour rejoindre le monde des affaires. Il entre à la Société Générale en 1985. Il en devient président en 1988. Il restera très actif au niveau de la Commission. En 2001, la Société générale est rachetée par la société Suez. Davignon devient alors vice-président du groupe Français jusqu’à ce que celle-ci rachète l’entreprise sidérurgique Tractebel en 2003. Il poursuit ainsi sa contribution au démantèlement de la sidérurgie belge. Il pilote la faillite de la Sabena et est aujourd’hui président du conseil d’administration de la SN-holding, qui possède SN-Brussels Airlines. Longtemps vice-président du conseil d’administration de Fortis Banque, il sera au centre de la quasi faillite de la banque et de son «sauvetage» par l’argent public. Il siège aussi dans les conseils d’administration de multiples multinationales (Fiat, Suez, Solvay, Petrofina, BASF, …) Très proche de Louis Michel et de Van Rompuy, Etienne Davignon présentera d’ailleurs ce dernier au groupe Bildeberg, qu’il préside depuis 1999. Ce groupe rassemble une fois par an les riches et les puissants qui veulent influencer l’alliance transatlantique entre les Etats-Unis et l’Europe ainsi que les évolutions politiques dans ces deux entités. Selon Davignon lui-même: «ce sont des gens qui ont de l’influence qui parlent à des gens qui ont de l’influence». Dans la même interview à la BBC (http://news.bbc.co.uk/2/hi/4290944.stm), le Vicomte affirme que le groupe ne conteste pas le droit des leaders démocratiques de diriger mais que le monde des affaires influence lui aussi la société. L’argent donne donc au moins autant de droits que la voix du peuple… Il porte cette vision dans de nombreux lobbies, tels que la Commission Trilatérale, le Centre for European Policy Studies, ou le très libéral Itinera Institute… et bien sûr les Friends of Europe.

Le Secrétaire-Général des FOE est Gilles Merritt. C’est lui qui dirige au quotidien le Think Tank. Il commence sa carrière comme journaliste au Financial Times pour passer en suite au International Herald tribune. Spécialisé dans les affaires européennes depuis la fin des années 70, il a été nommé parmi les 30 personnes les plus influentes dans les affaires européennes par le Financial Times .Dans les années 90, il dirigeait « l’institut de recherche Philip Morris sur les politiques publiques ». Récemment, il a mis sur pied le « New Defense Agenda» (aujourd’hui Security & Defense Agenda) un lobby de l’industrie des armements . Ainsi, il propose aux industriels de l’armement des conférences «sur un sujet de leur choix» pour 25.000€ et pour 30.000€ « des réflexions taillées sur mesure »… Il édite par ailleurs la revue des Friends of Europe, «Europe World», qui «offre une plate-forme à plus de 50 Think Tanks européens» avec un lectorat de plus de 180.000 leaders politiques, économiques et de faiseurs d’opinions. En 2008, il a pu résister aux pressions du Commissaire européen chargé des Affaires administratives, de l’Audit et de la Lutte antifraude, Siim Kallas , qui voulait qu’il inscrive Friends of Europe au registre de lobbyistes et déclare les revenus et dépenses. Giles Merritt semble être intouchable. On retrouve d’ailleurs Monsieur Merritt à des conférences à l’OTAN ou à des événements avec Lockheed Martin (constructeur aéronautique civil et militaire). Ce professionnel de la vente d’influence pour le monde des affaires est un des membres fondateurs des Amis de l’Europe.

Un autre membre du présidium est le premier ministre italien (non élu), Mario Monti. Il s’agit d’un ancien conseiller international de la toute puissante banque Goldman Sachs et de Coca-Cola. Il est aujourd’hui l’artisan d’un plan d’austérité brutal en Italie. Il met en œuvre une réforme du marché du travail qui vise à rendre «plus facile pour les entreprises italiennes de licencier des travailleurs dans l’espoir qu’elles engagent plus facilement». Monti a une longue carrière européenne derrière lui. En effet, après une carrière académique, il est nommé par Silvio Berlusconi à la Commission Santer (qui prépare le traité de Nice et l’introduction de l’Euro). Il deviendra ensuite Commissaire européen au marché intérieur jusqu’en 2004. Monti est souvent mis en avant comme un exemple de «la politique de la porte tournante» de Goldman Sachs, qui consiste à placer des anciens cadres de la firme à des postes administratifs ou politiques importants. Mario Monti est aussi membre de la Commission Trilatérale (Lobby fondé par le groupe Bildeberg pour construire une alliance mondialiste sur trois continents, l’Europe, les Etats-Unis et l’Asie-Pacifique), il a été membre du conseil supérieur européen de l’agence de Notations Moody’s et est encore un membre important du Bildeberg Group.

On retrouve aussi l’actuel Commissaire Européen au marché intérieur et aux services, Michel Barnier, un autre habitué des lobbies et Think Tanks. En 2003, il fonde le club politique Nouvelle République, un Think Tank lié à l’Union pour un Mouvement Populaire (UMP) qui vise à «ouvrir le débat français aux idées européennes». Michel Barnier est un ancien membre de la section française de l’Aspen Institute, réseau international de décideurs politiques et économiques ainsi que d’académiciens largement subventionné par l’industrie et présidé par Michel Preberau, le président du conseil d’administration de BNP Paribas. Il a participé à la fondation du Think Tank politique «Dialogue et Initiative», un Think Tank toujours proche de l’UMP, très actif dans la campagne autour du traité constitutionnel européen en France. Après le referendum défavorable au traité, il rejoint l’ACED (Advanced Comittee for European Democracy) dont il est membre depuis 2006. Ce comité est financé par Robert Bosch, actionnaire principal d’un des leaders mondiaux de l’équipement automobile. Il a aussi participé au conseil d’administration de l’Institut des Relations Internationales et Stratégiques (IRIS). Cet autre Think Tank rassemble notamment des membres dirigeants de LVHM ou AREVA. On le retrouve aussi à une conférence du groupe Bildeberg en 2006. En février de la même année, il devient vice-président du groupe Institut Mérieux (à l’époque Mérieux Alliance), un holding qui regroupe des sociétés du secteur des biotechnologies. Il quittera ce poste à son entrée dans le gouvernement français en 2007. Elu au parlement européen en 2009, il devient Commissaire européen au marché intérieur et aux services.

Citons encore Pascal Lamy, le directeur général de l’Organisation Mondiale du Commerce (depuis 2005). Promoteur du cycle de Doha, un cycle de négociations qui cherche à imposer encore un peu plus de libre échange notamment dans l’agriculture (et un accord sur les droits de propriété intellectuelle),mais qui bute sur la résistance des pays en voie de développement qui refusent de se soumettre. Pourtant, M. Lamy ne désarme pas. Il est aussi un grand habitué des lobbies et Think Tanks. Faire la liste des groupes d’influence dont il fait partie serait long et fastidieux. En voici quelques uns «Le Siècle» dont Pascal Lamy a été trésorier. Ce groupe cherche à réunir dans un cercle toute «l’élite» politique, administrative et économique française. Son exclusivité en fait un groupe quasi-sectaire où journalistes, politiciens, chefs d’entreprises et tout qui possède du pouvoir dans la société française se réunissent à l’abri des regards. On le retrouve aussi dans le groupe IRIS (voir Michel Barnier) ou dans le conseil d’orientation “En temps réel”, un Think Tank dans lequel se retrouvent essentiellement des personnalités du monde de l’édition. Il est aussi un adepte régulier du Groupe Bildeberg. Cet ancien «socialiste» a aussi été un des architectes de la privatisation du Crédit Lyonnais dont il a été le directeur général jusqu’en 1999. Il a aussi travaillé pour le MEDEF (FEB française) où il a présidé la commission prospective.

On pourrait encore ajouter le baron Daniel Janssens qui est président honoraire de l’entreprise Solvay et vice président du géant pharmaceutique UCB ou le français Jean-Pierre Jouvet, président de l’autorité des marchés financiers. Mais arrêtons ici les présentations: le profil des membres du présidium semble clair. En effet, chacun des membres du présidium analysé est en même temps un décideur européen important, un membre de plusieurs lobbies ou Think Tanks et est en général lié au monde des affaires. Ce n’est donc pas pour rien que l’on dit des Friends of Europe qu’il s’agit d’un Think Tank d’élite, on est bien au centre d’un «réseau de réseaux» d’influence très important, à l’intersection des mondes politique et économique. Un rapide coup d’œil sur le financement du lobby devrait finir de convaincre les plus sceptiques.

L’origine de l’argent

«On ne mord pas la main qui nous nourrit». C’est un précepte assez simple et qui permet de regarder d’un peu plus près la déclaration d’indépendance des Friends of Europe. Il faut commencer par dire que ce groupe de pression des plus influents est plus que récalcitrant à toute forme de transparence. Giles Merritt refuse d’ailleurs que l’on qualifie FOE de lobby. «En tant que Think Tank, dit-il, nous sommes tout autre chose».

Permettez-nous d’en douter.

En effet, pour adhérer au Think Tank il existe plusieurs possibilités. La première est un membership classique dont le prix varie de 500€ par an pour les ONG (qui sont utilisées comme faire-valoir, tel que le WWF) à 2050 € l’an pour des entreprises. Celles ci peuvent aussi souscrire à un accès VIP pour 6500€ par an et pour 9500 € (hors TVA), on peut devenir membre du réseau présidentiel.

Mais pourquoi diable une entreprise paierait-elle 6500€ par an pour adhérer à un groupe de réflexion innovant, indépendant et surtout impertinent ? La réponse réside dans l’acronyme VIP qui ne doit pas être compris comme «Very Important Person» mais comme Visibilité-Impact-Plateforme. En effet, c’est exactement ce que les Think Tanks et en particulier Friends of Europe vendent à leurs clients. Les membres VIP (ou du réseau présidentiel) bénéficient d’invitations à des rendez-vous plus exclusifs, ainsi que d’un taux de sponsoring réduit pour les événements spécifiques.

Sponsoring ? Les événements des FOE sont financés par des «partenaires». Ceux-ci reçoivent en échange de leurs généreuses contributions, une visibilité dans la communication autour de l’événement (de l’invitation au rapport final des discussions), mais surtout d’une « opportunité de s’exprimer au cours de l’événement sponsorisé ». Les FOE se défendent bien sûr de toute influence de ces financements sur leurs conclusions.

Les Friends of Europe refusent de se soumettre au programme de transparence volontaire mis en place pour les lobbies par la Commission européenne. Ils sont toutefois obligés de soumettre un minimum d’informations sur leur financement. Leur revenu annuel s’élève à 2.22.7121 €. Leur obligation légale est de détailler l’origine de ces ressources. Le graphique ci-dessous montre que la très grande majorité des « subsides » de Friends of Europe viennent du secteur économique (57%). Dans les 40 membres VIP on retrouve les plus grandes multinationales 12 : ExxonMobil, British Petroleum, British Telecom, Cargill, Coca Cola, Microsoft, Shell, Sanofi, Total, Toyota, Véolia,… de l’industrie pétrolière aux biotechnologies en passant par le secteur automobile, les télécommunications et l’industrie pharmaceutique tous les secteurs sont représentés par des géants qui pèsent des milliards de dollars. Il faut reconnaître qu’on retrouve perdu au milieu de tout cela le WWF. Une ONG qui est par ailleurs financé par la multinationale norvégienne Statoil qui lui fournit un tiers de son budget et qui a développé des partenariats avec des multinationales sur les agro-carburants et d’autres sujets.

Les institutions internationales représentent la deuxième source de revenus de l’organisation (22%). En 2009, la moitié de cette somme provenait de la Commission Européenne, précisément l’institution que le lobby cherche à influencer. La commission Européenne est financée à 70% par l’argent que lui versent les Etats membres de l’Union. Ils lui reversent un montant égal à 1,24% du revenu national brut européen. Soit 92,7 milliards d’euros payés par les contribuables européens. On est en droit de se demander quelle est l’utilité publique de financer un lobby pro-business.

Si on additionne la partie de leur budget issue du secteur privé et celle qui provient d’institutions que les Friends of Europe cherchent à influencer, on obtient 79% de leurs recettes. Les rapports de force sont clairs.

En conclusion

Il ne s’agit pas d’un complot du «big business» mais de dénoncer une collusion d’intérêts entre nos «représentants» et ceux qui représentent des intérêts financiers et industriels importants.

Confronté à une crise économique d’une violence rare, nos dirigeants, souvent sous l’impulsion de l’Union Européenne, semblent incapables de produire des politiques économiques protégeant la population de ces conséquences. Au contraire l’austérité aggrave les conséquences de cette crise en particulier pour les travailleurs et les plus démunis. Pendant ce temps, les entreprises qui soutiennent les Friends of Europe, elles continuent à faire des profits, grâce notamment à des salaires en chute libre partout en Europe et à des systèmes fiscaux plus qu’avantageux.

L’exposé montre combien l’influence sur les décideurs, en particuliers européens, vaut cher pour ces entreprises. Les Friends of Europe sont clairement au centre d’un réseau de lobbies et de Think Tanks qui considèrent que cette influence est utile et surtout lucrative. La collusion organisée ainsi entre monde des affaires et monde politique est au centre de ce qu’on appelle pudiquement le «déficit démocratique de notre société» et qui est particulièrement développé au niveau des institutions européennes.
Le «President’s Dinner» qui aura lieu au palais d’Egmont ce 11 octobre 2012, c’est tout cela, concentré en une soirée. Les entreprises membres de FOE envoient leurs cadres et leurs lobbyistes boire du champagne et manger des petits toasts avec les dirigeants européens. Ils discutent de l’avenir de l’Europe, c’est-à-dire de l’austérité si on les laisse faire, en se vautrant dans un faste et une richesse dignes d’un autre temps.
Les dirigeants européens fréquentent les élites économiques dans nombreux événements annuels , tels Business Europe ou le European Business Summit, pour lesquels la moitié de la Commission Européenne se déplace. Par contre, on ne constate jamais une telle affluence quand il s’agit pour eux de discuter avec les syndicats, les associations de consommateurs ou des associations environnementales…Cet évènement comme d’autres du même genre, reflète le formidable mépris qui les anime pour les populations européennes lesquelles, face à l’austérité, peinent un peu plus tous les jours à nouer les deux bouts. Du point de vue des peuples de l’Europe du Sud qui souffrent sous la botte de la Troïka, c’est une véritable insulte. Et pourtant ce sont les mêmes personnes qui diront et écriront (sous l’influence de leurs généreux donateurs) que «tout le monde doit faire un effort».

Nous n’acceptons pas cette Europe-là, à la solde des multinationales et du monde de la finance. C’est l’Europe des peuples qu’il faut construire, celle des gens qui n’ont que leur travail pour vivre, ou n’en ont pas et dépendent d’allocations de misère pour survivre, et construire ensemble un futur pour nos enfants. Pas l’Europe de l’argent et des technocrates, qui de dîners en conférences, décident de l’austérité pour les autres.

Source : www.comitesactioneurope.net

Eco-flagellation, mode d’emploi

Mercredi, juin 22nd, 2011

Il nous est tous arrivé d’oublier de couper le robinet en se brossant les dents. Un désagréable sentiment de culpabilité peut alors nous gagner, lorsqu’on a commis une ou des éco-fautes.

Et il y a de quoi ! Quand on pense aux extraordinaires efforts consentis par l’UE et l’industrie pour nous fournir des biens de consommation verts à profusion, quand on pense qu’il suffirait que les citoyens consomment plus, plus vite, et adoptent plus rapidement les nouvelles technologies green qui sauveront le monde (OGM, nucléaire, Carbone Capture Storage, nano-technologies), on se dit qu’on ne parviendra à rien, si la population ne participe pas, elle aussi, à l’effort.

Oui, citoyen, tu es LE grand coupable du réchauffement climatique, de la disparition de la biodiversité, etc !
Alors, si toi aussi, tu passes des moments difficiles en pensant à tout ce que tu n’as pas fait pour aider Monsanto, Coca Cola, Nestlé et l’Europe à sauver le monde, les Artivistes te proposent d’adopter l’éco-flagellation.

Comment procéder ?
L’éco-flagellation est un procédé simple qui ne demande quasiment aucun matériel.

1. Ayez toujours sur vous un carnet dans lequel vous noterez toutes vos éco-fautes.
2. Un objet pour se frapper. N’importe quel objet fera l’affaire.
Évidemment, plus l’objet est green, plus l’effet est bénéfique.

Ensuite c’est simple, récitez vos éco-fautes une à une en vous frappant avec l’objet green. Demandez pardon à ceux qui bossent vraiment pour un monde meilleur (voir la liste des participants à la green-week). Deux à trois minutes ont déjà un effet très bénéfique. Des tests récents ont démontré que 92% des gens qui pratiquent l’éco-flagellation disent se sentir beaucoup mieux.

Ci-dessous, retrouves quelques exemples d’éco-fautes les plus courantes, un témoignage authentique, ainsi qu’un extrait vidéo d’un éco-stage réalisée par un de nos éco-formateurs en éco-flagellation.
Le prochain éco-stage de formation se déroulera à la greenweek 2012, l’année prochaine. Le stage est gratuit.

Excellente éco-flagellation !
__________
Exemples :
J’ai laissé couler mon robinet en me brossant les dents … pardon Véolia
je n’ai pas bu de Coca depuis 1 an … pardon Coca
J’ai mangé des légumes de mon potager … pardon Monsanto
Je n’ai pas acheté une nouvelle voiture verte cette année … pardon Renault
Je ne pars pas assez souvent en voyage dans les avions verts … pardon Clean Sky
j’ai oublié de payer ma cotisation à WWF …
Je n’ai pas regardé le dernier film de Yann Arthus-Bertrand …
etc, …

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Témoignage

Véronique Vandergroen (Groenendael) :
«Depuis que je pratique l’éco-flagellation, je me sens beaucoup mieux. En effet, j’avais perdu le goût de consommer, le Coca me semblait fade, je ressassais des idées noires, je me disais qu’une croissance infinie dans un monde fini, était impossible. J’ai entendu parler de l’éco-flagellation par un ami, j’ai essayé, et je l’ai tout de suite adoptée. Aujourd’hui, je me sens vraiment plus green. »

La chanson du Lobbyiste

Mercredi, mars 9th, 2011

Le lobbyiste (sur l’air de « l’opportuniste » de Dutronc)

j’achète les politiques
j’influe sur les scientifiques
je manipule le grand public
moi mon métier c’est lobbyiiiiiste

il y en a qui protestent
contre mon petit business
je n’vois pas trop c’qui les inquiète
je n’fais que retourner les vestes
je retourne les vestes
toujours / de mon côté

j’ai un doctorat scientifique
en gestion d’opinion publique
et mon master en stratégies
d’influence économiiiiiique

il y en a qui s’inquiètent
de leur santé et d’la planète
pour rassurer tous ces perplexes
j’imprime de jolies plaquettes
où je me paye leur tête
sur / papier glacé
……..

c’est grâce à moi qu’les OGM
sont certifiés sans problème
et qu’les nanotechnologies
on n’en parle pas, c’est si petiiiiiit…

s’ils y en a qui regrettent
le réchauffement de la planète
allègrement je sors ma r’cette:
argument sans queue ni tête,
présentées sous casquette
de lé/gitimité
…….

je suis formé à brouiller les pistes
à r’peindre en vert pour le public,
je trouve des normes écologiques
pour couvrir l’industrie chimiiiiiique


Bien sûr y en a qui sont honnêtes,
mais les enjeux sont gigantesques
comment voulez-vous qu’ils protestent
c’est moi qui finance la recherche
qui financ’ leurs recherches
à l’u/niversité

avec les pôles technologiques
les industries pharmaceutiques,
les fabricants d’agro toxiques
on paye des carrières politiiiiiiques

j’les invite à des fêtes
leur fait tout voir par ma lorgnette
comment voulez-vous qu’y m’rejettent
moi qui leur paye des séminaires
et leur file l’argumentaire
à lire / à l’assemblée

je campe dans les couloirs,
les antichambres du pouvoir
là je réfute les vrais savoirs
et j’leur distille ce qu’ils doivent croiiiiiiire

vous me direz : et ceux qui restent ?
Tous les corrects, tous les modestes?
Ils ont droit à ma bot’secrète,
sur eux je fais ma p’tite enquête
et discrédite les plus honnêtes
histoire/ de les calmer
………

retrouvez du service public
des pratiqu’déontologiques
de la propreté scientifique,
ca va être dur c’est moi qui ai l’friiiiic

alors le seul moyen qui reste
à nous citoyens d’la planète,
c’est d’prendr’en main la survie de la Terre
en les virant tous ces experts
pour prendre en main  nos affaires
en toute …..LIBERTE